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Développement : FERKESSEDOUGOU RECADRE SES ACTIONS

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Développement : FERKESSEDOUGOU RECADRE SES ACTIONS
UN CABINET D’ETUDES POUR UN PLAN STRATÉGIQUE
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"Journées de retrouvailles et assises des cadres" il y a un peu plus d’un mois à Ferkessédougou. Dans la capitale de la toute nouvelle région du "Tchologo" on a débattu du thème: «Comment, de manière urgente, apporter à la population du département de Ferkessédougou, le bien être économique et social dans un environnement sain et ancré dans nos cultures, de manière durable et participative ?»

Ici, dans la région du "Tchologo" –dénomination inspirée de ce rite initiatique du pays Sénoufo– à l’extrême nord de la Côte d’Ivoire on est convaincu de compter parmi les natifs des cadres aussi illustres que compétents. On pense notamment au Président de la République Allassane Dramane Ouattara, au Premier ministre Soro Guillaume ; mais aussi à Yéo Martial, celui là même qui a permis à la Côte d’Ivoire de remporter sa première et unique coupe d’Afrique en 1992, à des footballeurs internationaux comme Ahmed Ouattara et Abdoulaye Ouattara et tant d’autres illustres inconnus. Ici, on est persuadé que ce qui fait défaut, c’est le manque de ce liant sans lequel il n’y a pas de développement ; le développement étant ce processus par lequel un pays, ici une région, devient capable d'accroître sa richesse de façon durable et autonome afin de la répartir équitablement entre les populations.

Ferkessédougou et ses six sous-préfectures (Ferkessédougou, Koumbala, Togoniéré, Sikolo, Bilimono et Kong) déjà connu pour être la première zone productrice de légumes en Côte d’Ivoire, entend s’illustrer autrement que par la seule activité agricole. Même s’il est vrai que, tirant profit de sa position adossée au fleuve Bandama, ce département « a les atouts pour réussir dans l’agriculture ». Outre le vivrier, on y cultive des produits d’exportation comme le coton, la mangue et l’anacarde.

Depuis quelques années, le tissu industriel de ce département se limite à une usine d’égrenage de coton et un complexe sucrier. Ceci expliquant peut-être cela, la capitale de région du "Tchologo" présente aujourd’hui l’image d’une ville en pleine désolation qui n’honore pas ses cadres. Ces derniers ont fait l’amer constat d’un « véritable retard de développement » de leur cité. Les signes visibles de cette situation de désolation est tout simplement la dégradation avancée du réseau routier (6 heures de temps pour parcourir les 100 km qui séparent Ferké et Kong), la vétusté et l’insuffisance des infrastructures sanitaires, avec pour corollaire la croissance du taux de mortalité, des infrastructures scolaires caractérisées par le faible taux de scolarisation, l’explosion du chômage des jeunes, la paupérisation des populations en raison de la faiblesse des revenus tirés de la principale activité qu’est l’agriculture, l’insuffisance et la dégradation des équipements d’hydrauliques villageoises, la disparition progressive du couvert végétal, notamment le karité…

Avec un tel handicap, il faut avouer qu’il y a là de quoi faire regretter à ceux qui ont pu apprendre auprès des détenteurs de la tradition orale et dans les pages des livres d’histoire le rôle qu’avait joué cette région à l’époque précoloniale, avec Kong, qui était l’une des cités les plus anciennes et les plus riches d’histoire en Côte d’Ivoire. L’on apprend ainsi qu’avant son occupation par les Français en 1898, Kong, sous l’emprise de Samory Touré, était  à la fois un grand pôle économique et une des grandes métropoles de l’islam africain. Kong, c’était la ville intellectuelle du monde noir musulman, ainsi que le témoignent plusieurs curiosités touristiques dont la première mosquée de l’Afrique d’expression française autour de laquelle cette ville a bâti sa réputation.

Par la volonté des cadres natifs du département, la ville de Ferkéssedougou –passage obligé vers le Burkina Faso avec la gare ferroviaire qui voit passer le train partant d'Abidjan pour Ouagadougou, au Burkina Faso, tout comme les camions de marchandises ralliant la capitale économique ivoirienne à Bamako au Mali– entend devenir, demain, un port sec. C’est-à-dire, une plate forme multimodale comprenant des terminaux à conteneurs, des magasins, des terre-pleins capables d’accueillir des camions en transit. Il s’agit là d’un projet qui devrait contribuer à faire jouer pleinement à cette ville-carrefour son rôle de pôle commercial et économique indéniable.

C’est donc convaincu des potentialités dont regorge ce département en matière grise –Il n'y a ni richesse ni force que d'hommes, disait Jean Bodin– que Guillaume Soro a cru bon d’interpeller ses "frères" sur ce qui avait jusque là plombé les efforts des uns et des autres. « Généralement, nous avons la tendance fâcheuse de tout attendre de l’Etat, alors qu’il y a des choses très simples que nous pouvons faire. Il y a des initiatives que nous pouvons prendre. C’est vrai, chacun a pris des initiatives par rapport au niveau où il se trouvait ». Et d’indiquer qu’il est temps de mettre toutes les énergies ensemble.

Dès lors, Diamouténé Alassane Zié, président du Comité scientifique de ces assises sur la situation socio-économique de ce département ne pouvait qu’être à l’aise pour poser le diagnostic des maux dont souffre Ferkessédougou. Des débats qui s’en suivront, on soulignera encore une fois que la capitale de la région du "Tchologo" est riche en hommes de valeur qui ont toujours montré leur volonté à œuvrer au développement de leur région. Et cela, à travers une multiplicité d’associations et de mutuelles de développement. Mais on déplorera surtout que, malgré quelques actions initiées ici et là, celles-ci n’étaient pas de nature à impulser le développement. Pour la simple raison qu’il a toujours manqué ici un leader charismatique pour canaliser et coordonner ces énergies.

L’origine des maux ainsi identifiée, il ne restait plus qu’à prescrire le remède. Les cadres de la région du "Tchologo" ont convenu que, tout en respectant les volontés et ambitions des uns et des autres, de laisser fonctionner les associations et mutuelles. Ensemble, ils ont toutefois décidé que les actions de ces différents regroupements seront désormais orientées, programmées et évaluées selon un plan d’action élaboré par une coordination à créer. Le Comité scientifique de ces assises a donc été chargé de réfléchir et de créer cette coordination et de définir le mécanisme de son fonctionnement. Il reviendra à celle-ci de réfléchir sur les différentes propositions de projets à réaliser dans l’immédiat pour le développement du département de Ferkessédougou, pour le bonheur des populations et pour la fierté des cadres.


Renée Blassonny

Correspondant régional





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